Queer Zine Fair

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Queer Week 2016
Queer Zine Fair

Event report.

Plus d’informations sur le site internet de la Queer Week. Et en attendant la prochaine édition, vous pouvez aussi suivre la Queer Week Paris sur Facebook, Twitter, Instagram et tumblr.

En Janvier dernier on a reçu dans la boite de notre fanzine Making Waves un appel à participation pour la Queer Zine Fair : un nouvel évènement s’inscrivant dans la programmation de la Queer Week [Paris], dont la 7ème édition s’est tenue du 21 au 25 mars dernier. Faute d’avoir eu le temps de pouvoir participer ou même simplement de s’y déplacer, mais curieuses et enthousiasmées par ce nouveau rassemblement, on a demandé à Nastasia une des instigatrices de cette journée de nous parler de son déroulement. Mais également des idées et des envies qui ont été à l’origine de cette initiative.

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EST-CE QUE TU POURRAIS NOUS PRÉSENTER UN PEU LA QUEER WEEK ?
La Queer Week est, à l’origine, une association née à Sciences Po en 2009 et créée par un collectif d’étudiant.e.s qui entendaient discuter des problématiques (minoritaires) de genre et de sexualités au sein de cette institution. Depuis, l’association s’est ouverte aux étudiant.e.s, chercheur.e.s et aux jeunes professionnel.le.s de tous bords et constitue désormais un événement annuel de conférences, ateliers, projections, expositions pensé comme un espace de réflexion et d’actions autour des politiques du Queer.

D’OÙ VOUS EST VENUE L’IDÉE DE LA QUEER ZINE FAIR, QU’EST-CE QUE VOUS ESPÉRIEZ ?
L’idée est venue d’une affinité/intérêt commun.e pour le milieu de la micro-édition et du fanzinat, ainsi que d’une volonté de renouveler les formats traditionnellement proposés par la Queer Week (conférences, ateliers..). A l’origine, Nous avons pensé Evènement à 3 (Tarek, Valentin et Nastasia), mais avons été finalement 2 (Valentin – Nastasia) à le monter pour cette Queer Week.
On est parti.e.s avec l’idée de questionner l’existence d’une culture zine spécifiquement Queer dans l’espace francophone. On savait que le fanzinat comme espace de diffusion des politiques Queer était très important dans le monde Anglo-saxon, mais on voulait essayer de le visibiliser en France (et, plus largement, dans l’espace francophone). D’où le dispositif de l’appel à contributions : on attendait vraiment de mesurer à quel point ça “prendrait”.
On a donc voulu mettre en avant la dimension radicalement militante du Queer, au travers de ce medium DIY et low-tech qu’est le zine. On voulait proposer également un espace d’expression pour toute personne qui s’identifie comme Queer.

COMMENT S’EST INSÉRÉ CET ÉVÉNEMENT AU SEIN DE LA PROGRAMMATION GLOBALE DE LA QUEER WEEK ?
Comme chaque année l’équipe de la Queer Week a été renouvelée, et pour cette édition nous avons eu plusieurs partis pris collectifs forts :
+ Faire sortir la Queer Week de l’institution que l’a vue naître (Sciences Po Paris) en choisissant des lieux nouveaux, volontairement aux marges (urbaines et culturelles) – et ce pour remettre en question l’hyper centralité qui est une caractéristique très parisienne.
+ Renouveler les formats et les médiums d’expression – en dehors des traditionnels cycles de conférences/ateliers.
+ Tirer partie des outils digitaux à notre disposition pour transposer la Queer Week sur les écrans, et permettre ainsi un élargissement des publics.
Concrètement, la Queer Zine Fair a répondu de manière transversale à ces trois objectifs. On s’est installé.e.s pour une journée au Péripate/Freegan Pony. Cet espace unique est un squat, littéralement sous le périphérique à Porte de la Villette, et qui a été transformé en restaurant freegan – où des chef.fe.s se succèdent pour cuisiner à prix libre à partir des invendus de Rungis. C’est un vrai lieu de dissidence politique et culinaire, tenu par une jolie équipe de bénévoles*
Cette année, nous avons investit le lieu et délocalisé 70% de la Queer Week là-bas. C’était donc le cas de la Queer Zine Fair, qui a drainé un public plutôt important pour une première édition : environ une vingtaine d’exposant.e.s, un public épars la journée (étudiant.e.s, chômeur-e-s), puis bien dense le soir. Le tout éclairé au chandelier do-it-yourself fait à partir de bouteilles de pinard vides !

* Valbis ♡ sur toi

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EST-CE QUE VOUS-MÊME, VOUS AVEZ DES FANZINES? VOUS EN SUIVEZ CERTAINS ? 
Je faisais des fanzines de détective quand j’étais petite (enfin, j’ai récemment accolé le label ‘zine’ sur ces objets que je fabriquais à partir de feuilles A4 pliées, de découpages, de textes écrits au feutre et que j’appelais candidement mes ‘journaux’). A vrai dire, je n’en ai pas refait depuis, mais la Queer Zine Fair m’a bien stimulée pour en produire un !
Sinon je suis familière de la culture musicale alternative, depuis le punk jusqu’au hardcore en passant par la musique industrielle, et c’est donc un objet que j’ai beaucoup côtoyé, et dont je connais la culture subversive et éminemment politique. Je pourrais te citer notamment le zine Sniffin Glue, ou encore les zines des Riot Grrrls. Dernièrement, j’ai semi-forcé une connaissance à me filer un zine qui s’appelle Shit Noise, et qui fait des critiques de concerts de musiques expérimentales principalement, et de punk – vraiment bien, et bien lo-fi. Dans le même registre j’aimais bien Pollution Capitale, quand je le trouvais en concert à Paris. Et également le travail de nos ami.e.s Elodie et Marguerin des Editions Douteuses, qui sont des chats et qui font de super zines queerpolitiquefluos.
Valentin, de son côté, est issu de la culture Queer, qui a également investi le fanzinat comme un medium d’expression dissident.

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EST-CE QUE VOUS POUVEZ NOUS PARLER DES FANZINES PRÉSENTÉS ? 
Un des trucs importants pour cette première édition ça a été le partenariat avec la fanzinothèque Disparate, qui est basée à Bordeaux. On a mis en place un dispositif appelé ‘Poste Restante’ où l’idée a été de collecter des exemplaires des zines exposés par les participantEs de la Queer Zine Fair, et ce pour alimenter le fond d’archives de Disparate (en construction). Tous les zines récoltés vont donc aller dans les rayons de Disparate, et feront l’objet d’une exposition en 2017.
Sinon Billy Serib qui est sérigraphe au 6b, et membre du collectif La Rage a live-sérigraphié certaines de ses productions tout l’après-midi.
On a également eu un super atelier, animé par Rami (Hueco/Lotta Anale) et Vincent (Supercodex), sur la réappropriation des signifiants universels via la création de cartes de tarot.

Barbi(e)turix / Billy Serib / Céline Le Gouail / Collectif Koko /Derek Axton / Deviant / Eden Rabanes / FièrEs / Fred Morin / Galerie Lazer Quest / Hueco Judith Goyaud-Schiltz + Luce Lenoir / Laurence Berniffer + Genia Alexeev / Les Editions Douteuses (Elodie Petit + Marguerin Le Louvier) / Lotta Anale / Maic Batmane / Needles & Bitches / Lauriane TG / Pantypop / Peter Mussels / Polychrome et Deviant (Marianne Chargois) / Projet Minaure / Raoule Nadeau / Romy Alizée / Samourai de Coke / Sugarhills

SUR L’ÉVÉNEMENT EN LUI-MÊME, AS-T-IL ÉTÉ BIEN SUIVI ? QUELLE CONCLUSION VOUS EN TIREZ ?
On est super satisfait.e.s et même heureus.e.s que les genTEs présent.e.s se soient déplacé.e.s. Ça fait super mièvre dit comme ça, mais comme on l’a dit plus haut, cet événement c’était un peu une proposition aléatoire au début, et on ne savait concrètement pas si on aurait 3 exposant.e.s ou 30. ♡ Merci et Bisou de Feu à tout le monde ♡
On espère que l’équipe de l’année prochaine se chauffera pour faire une petite soeur à la zine fair de cette année ! Sinon peut-être qu’on se chauffera nous-même, hors Queer Week ?